Une réforme majeure : les maths reviennent en première
Le baccalauréat intègre désormais une épreuve anticipée de mathématiques en fin de première, obligatoire pour tous les élèves des voies générale et technologique, d’une durée de deux heures et notée sur 20, sans calculatrice.[1]
L’introduction de cette nouvelle épreuve marque un tournant dans l’organisation du lycée. À partir de la session 2026, tous les élèves de première passent une épreuve écrite de mathématiques au mois de juin, au même titre que les épreuves anticipées de français. Cette réforme vise à rétablir une culture mathématique commune, après plusieurs années durant lesquelles les élèves ne suivant pas la spécialité se retrouvaient avec un enseignement réduit. Le ministère souhaite ainsi renforcer les compétences fondamentales, mieux préparer les lycéens à l’enseignement supérieur et garantir une évaluation nationale équitable.[2]
Comment se déroule l’épreuve ?
L’épreuve se déroule sur deux heures et se compose de deux parties. La première, notée sur six points, prend la forme d’un questionnaire à choix multiples destiné à vérifier les automatismes : calculs numériques et algébriques, proportions, pourcentages, probabilités, statistiques ou encore lecture de fonctions. La seconde partie, notée sur quatorze points, propose deux ou trois exercices indépendants qui évaluent la capacité de raisonnement, la mobilisation des connaissances et la résolution de problèmes. L’usage de la calculatrice est interdit, ce qui oblige les élèves à développer davantage leurs réflexes de calcul mental et leur compréhension des mécanismes mathématiques.[3]
Trois types de sujets existent afin de respecter les différences de formation. Les élèves de la voie générale ayant choisi la spécialité « mathématiques » composent sur un sujet correspondant à leur programme de première. Ceux de la voie générale ne suivant pas la spécialité travaillent sur les contenus mathématiques intégrés à l’enseignement scientifique. Les élèves de la voie technologique, quant à eux, passent une épreuve fondée sur le programme commun de leur série. Cette différenciation garantit que chaque candidat est évalué sur les notions réellement étudiées au cours de l’année.
Comment s’y préparer ?
Pour s’y préparer efficacement, les enseignants recommandent un entraînement régulier, notamment sur les automatismes. Refaire les exercices vus en classe, travailler sans calculatrice et s’exercer sur les sujets zéro constituent des stratégies essentielles. Le travail continu tout au long de l’année, appuyé par des fiches de révision et une bonne organisation, permet d’aborder l’épreuve avec davantage de sérénité.
À partir de 2027, les filières PASS et LAS disparaissent au profit d’une voie unique
La réforme annoncée en avril 2026 marque une transformation profonde de l’accès aux études de santé. Après seulement quelques années d’existence, le système PASS (Parcours Accès Spécifique Santé) et LAS(Licence Accès Santé), mis en place en 2020 pour remplacer la PACES (Première Année Commune aux Etudes de Santé), est abandonné dès la rentrée 2027. Les ministres Philippe Baptiste et Stéphanie Rist ont justifié cette décision par la complexité excessive du dispositif, les inégalités entre universités et la lisibilité insuffisante pour les lycéens et leurs familles. Plusieurs rapports, dont ceux de l’Académie nationale de médecine, soulignaient déjà que le système était devenu une véritable « jungle » d’options, difficile à comprendre et source de stress.[4]
Comment s’articule la nouvelle réforme ?
La nouvelle organisation repose sur une voie unique, accessible via Parcoursup, qui ouvre l’accès aux cinq filières MMOPK : médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie. Cette dernière est d’ailleurs pleinement intégrée au dispositif, ce qui met fin aux incertitudes administratives qui entouraient jusque‑là la reconnaissance de sa première année en crédits ECTS.
Cette première année prend la forme d’une licence santé harmonisée, structurée en trois blocs d’enseignement. Le premier bloc, consacré aux fondamentaux de santé, regroupe les connaissances scientifiques communes à toutes les filières. Le second bloc, dit disciplinaire, permet aux étudiants de suivre des enseignements complémentaires en biologie, droit, sciences humaines ou autres domaines en lien avec la santé. Le troisième bloc, transversal, développe des compétences en communication, éthique, sciences humaines et sociales. L’ensemble représente une architecture plus lisible, pensée pour réduire les disparités locales et garantir une équité nationale.[5]
Le retour du redoublement
L’un des changements les plus marquants est le retour du redoublement, supprimé lors de la réforme de 2020. Les étudiants disposeront désormais de deux chances pour candidater aux filières de santé : une première fois à l’issue de la première année, puis une seconde fois en fin de deuxième année de licence. Cette mesure répond à une demande forte des étudiants, qui vivaient la sélection en une seule tentative comme une pression considérable.
La sélection en deuxième année de santé reposera sur la validation de tous les blocs et sur l’ensemble des résultats obtenus, ce qui vise à valoriser la régularité et l’engagement plutôt qu’un concours unique. Le gouvernement présente cette réforme comme un modèle « plus lisible, plus juste et plus humain », destiné à sécuriser les parcours et à mieux préparer les futurs professionnels de santé.
Enfin…
La mise en place de l’épreuve anticipée de mathématiques en première et la disparition des filières PASS et L.AS au profit d’une voie unique d’accès aux études de santé traduisent une même volonté : rendre les parcours plus lisibles, plus cohérents et mieux adaptés aux exigences de l’enseignement supérieur. Du lycée à l’université, les élèves évoluent désormais dans un cadre repensé pour renforcer les fondamentaux, réduire les inégalités et sécuriser les transitions. L’introduction d’un socle mathématique commun dès la première vise à consolider les compétences essentielles, tandis que la nouvelle licence santé harmonisée cherche à simplifier l’accès aux filières médicales et paramédicales. Ces deux réformes, bien que distinctes, s’inscrivent dans un mouvement global de transformation du système éducatif, où l’objectif est de mieux accompagner les jeunes dans la construction de leur avenir et de leur offrir des parcours plus justes, plus transparents et plus adaptés aux défis du monde contemporain.
[1]https://www.education.gouv.fr/reussir-au-lycee/epreuve-anticipee-de-mathematiques-en-classe-de-1re-pour-l-annee-scolaire-2025-2026-450607
[2]https://azimut-orientation.com/epreuve-mathematiques-anticipee/
[3]https://www.leparisien.fr/etudiant/lycee/bac/progresser-en-calcul-mental-ca-fonctionne-comme-pour-la-course-a-pieds-comment-bien-se-preparer-a-la-nouvelle-epreuve-de-maths-de-premiere-PGUP77JFHFHKHFCZOMDQFKR3CM.php
[4]https://www.geds.fr/fin-pass-las-reforme-etudes-sante-2027/
[5]https://www.letudiant.fr/etudes/medecine-sante/le-gouvernement-annonce-la-fin-des-filieres-pass-las-et-le-retour-a-une-voie-unique.html









